Le Comité Ethique et Cancer ne voit pas de raisons valables à l’interdiction du cannabis à usage thérapeutique en France.

Le Comité Ethique et Cancer ne voit pas de raisons valables à l’interdiction du cannabis à usage thérapeutique en France.

Cannabis dans un contexte thérapeutique, une interdiction inéthique ?

Le Comité Ethique et Cancer a été saisi il y a 6 mois sur l’utilisation thérapeutique du cannabis dans la lutte contre la douleur dans un contexte de soins. Ce comité existe depuis 2008, jouit d’une très grande crédibilité et répond aux questions éthiques des personnes malades et de leurs familles. Cette « saisine » a été faite par une femme atteinte de cancer et ayant subi de nombreux traitements et interventions, cette personne supporte mal les anxiolytiques et opiacés, pourtant trouve un soulagement dans l’utilisation du cannabis. Le Comité Ethique et Cancer, présidé par le professeur Axel Kahn qui est consideré comme une grande figure réputée dans le milieu scientifique, (on se rappelle notamment ses positions sur le clonage), s’est donc saisi de la question et a rendu son rapport ce lundi 26 Novembre. On pourrait tout à fait le résumer en une phrase : Il n’apparait pas éthique d’interdire l’usage thérapeutique du cannabis pour ce cas individuel. Le Comité Ethique et Cancer préconise une étude approfondie sur la question et de déterminer le mode d’administration le plus adapté dans ce contexte de soins. Un pavé dans la marre en France qui agite un peu plus la question du cannabis thérapeutique, question qui est en ce moment même à l’étude par un autre comité, le CSST mandaté par le ministère de la Sante, à suivre donc… 

cannabis thérapeutique

A rappeler que le Comité Ethique et Cancer n’a qu’un rôle consultatif sur ce sujet mais que les avis publiés font généralement écho et ne restent pas lettre morte.  

Nous vous proposons ici le résumé du Comite Ethique et Cancer : 

Ce qu'il faut retenir

  • Le Comité recommande l’évaluation rigoureuse des différents bénéfices potentiels des substances actives du cannabis. De telles études permettraient seules de préciser les indications et les contre-indications de ces substances, les modalités de leur utilisation (voie d’administration, posologie) et les précautions à respecter. Il revient aux autorités de santé de les diligenter et d’en définir les conditions.
  • Malgré ces données encore insuffisantes, le Comité s’est attaché à déterminer s’il existe des raisons éthiques de s’opposer à la consommation de cannabis par des malades qui s’en disent soulagés. Aucun des arguments possiblement en défaveur d’une telle consommation ne lui est apparu de nature à continuer de l’interdire. En particulier, il n’a pu identifier d’effet néfaste avéré assez sérieux pour s’opposer à une semblable pratique par des personnes adultes atteintes d’une maladie grave, potentiellement mortelle, et qui déclarent en tirer bénéfice.

Ainsi, Pour le Comité éthique et cancer, il conviendrait que :

  • L’accès au cannabis ou à ses substances actives puisse se faire sous une forme permettant d’éviter de fumer le produit, afin de ne pas exposer les personnes malades aux effets délétères de ce mode de consommation.
  • L’accès au cannabis thérapeutique ou à ses dérivés permettrait de plus aux autorités de santé d’apporter aux malades les garanties nécessaires quant à la qualité, aux concentrations, ainsi qu’aux modalités d’obtention et d’utilisation optimale.

Article complet Avis no 35 du Comité Ethique et Cancer à consulter ici

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